Publié le 11 mai 2026 · Avant chaque match du Tournoi des 6 Nations, deux hymnes nationaux sont chantés par 50 000 à 80 000 spectateurs debout. Marseillaise, God Save the King, Flower of Scotland, Land of My Fathers, Ireland's Call, Il Canto degli Italiani : voici l'histoire, les paroles et le symbolisme de chacun.
Le rugby est l'un des rares sports où les hymnes nationaux prennent une dimension presque sacrée. Trois raisons à cela :
Hymne national de la France depuis 1795 (puis confirmé en 1879 sous la IIIe République). Composé par Rouget de Lisle à Strasbourg en avril 1792, originellement « Chant de guerre pour l'Armée du Rhin ». Renommé « Marseillaise » après que les fédérés marseillais l'ont chanté en montant à Paris pour défendre la République menacée.
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé,
L'étendard sanglant est levé !
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
Aux armes, citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur abreuve nos sillons !
Au Stade de France, La Marseillaise est interprétée par un orchestre puis reprise a cappella par les 80 000 spectateurs. Avant les grandes affiches (Crunch, Irlande – France), des chœurs d'enfants ou des artistes officiels assurent parfois le couplet. La version chantée en France varie : certains s'arrêtent au refrain, d'autres reprennent le célèbre « Marchons, marchons ! ».
Hymne national britannique, chanté par défaut par l'Angleterre au rugby (contrairement à l'Écosse et au Pays de Galles qui utilisent leurs hymnes spécifiques). Origine incertaine : la mélodie remonterait au XVIIe siècle ; les paroles dans leur forme actuelle datent de 1744. Devenu « God Save the King » en septembre 2022 avec l'avènement de Charles III, après 70 ans de « God Save the Queen » sous Elizabeth II.
God save our gracious King!
Long live our noble King!
God save the King!
Send him victorious,
Happy and glorious,
Long to reign over us:
God save the King!
Chanté à Twickenham par 82 000 spectateurs, accompagné de l'orchestre des Royal Marines lors des grandes occasions. Le moment est solennel mais souvent court (le premier couplet seulement). Il est généralement suivi de « Swing Low, Sweet Chariot », chant officieux des supporters anglais.
L'Écosse utilise Flower of Scotland au rugby (et plus largement au sport) plutôt que God Save the King. Composé en 1965 par Roy Williamson du groupe The Corries. Devenu hymne officieux par usage à partir des années 1990, lorsque l'équipe de rugby écossaise l'a adopté pour ses matchs à domicile.
O Flower of Scotland,
When will we see your like again,
That fought and died for
Your wee bit hill and glen,
And stood against him,
Proud Edward's army,
And sent him homeward
Tae think again.
La chanson évoque la victoire écossaise à Bannockburn en 1314 contre l'armée du roi anglais Edward II, qui a permis à l'Écosse de conserver son indépendance. « Proud Edward's army » fait référence directe à cette bataille fondatrice.
Chanté a cappella par 67 100 spectateurs à Murrayfield. C'est l'un des moments les plus émouvants du rugby mondial : les paroles sont entonnées sans musique, juste les voix, dans la lumière déclinante d'un samedi de février. Souvent classé parmi les meilleurs hymnes sportifs au monde.
L'hymne gallois officiel s'appelle Hen Wlad Fy Nhadau (« Vieille terre de mes pères »), composé en 1856 par Evan James (paroles) et son fils James James (musique). Premier hymne officiellement adopté dans les nations britanniques.
Mae hen wlad fy nhadau yn annwyl i mi,
Gwlad beirdd a chantorion, enwogion o fri;
Ei gwrol ryfelwyr, gwladgarwyr tra mâd,
Tros ryddid gollasant eu gwaed.
« Ancienne terre de mes pères, tu m'es chère, terre de bardes et de chanteurs, hommes glorieux ; tes vaillants guerriers, patriotes magnifiques, pour la liberté ont versé leur sang. »
Chanté en gallois au Principality Stadium, sous le toit fermé, par 73 900 voix. L'effet acoustique est saisissant : la résonance des « ll » gallois et la mélodie ascendante créent une vague émotionnelle que peu de stades dans le monde peuvent égaler. Suivi très souvent de « Bread of Heaven » et « Calon Lân », chants gallois traditionnels.
Particularité irlandaise : l'équipe de rugby représente les deux Irlandes (République d'Irlande + Irlande du Nord, qui est britannique). Pour éviter le conflit politique entre l'hymne irlandais (Amhrán na bhFiann, hymne de la République) et God Save the King (hymne britannique), une chanson neutre a été commandée : Ireland's Call, composée en 1995 par Phil Coulter.
Ireland, Ireland,
Together standing tall,
Shoulder to shoulder,
We'll answer Ireland's call.
À l'Aviva Stadium (en République d'Irlande), le rugby fait jouer les deux hymnes : d'abord Amhrán na bhFiann (hymne officiel de la République), puis Ireland's Call. À l'extérieur ou en terrain neutre, seul Ireland's Call est interprété. Ce double rituel à Dublin est un moment chargé en histoire et en symbolisme.
Hymne national italien, écrit en 1847 par Goffredo Mameli (paroles) et Michele Novaro (musique), souvent appelé « Inno di Mameli » ou « Fratelli d'Italia » (du premier vers). Hymne du Risorgimento (unification italienne), officialisé en 1946.
Fratelli d'Italia,
L'Italia s'è desta,
Dell'elmo di Scipio
S'è cinta la testa.
Dov'è la Vittoria?
Le porga la chioma,
Ché schiava di Roma
Iddio la creò.
Chanté à plein poumon par les supporters italiens au Stadio Olimpico de Rome. L'hymne est rapide, presque allègre, ce qui détonne face aux hymnes plus martiaux ou contemplatifs des autres nations. Le moment du « Fratelli d'Italia » repris en chœur par 70 000 voix transforme Rome en place forte du rugby italien.
Question subjective mais récurrente. Les sondages de fans de rugby placent généralement dans le top 3 :
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